A la recherche d’un stage en scierie, un menuisier basque manque rejoindre le jihad en Syrie

La sagesse populaire veut que l’orthographe soit « la science des ânes ». Elle a failli pourtant coûter très cher à Antonin URDAÑETA, 17 ans, futur menuisier-ébéniste en formation au Lycée polyvalent de Navarre de Saint-Jean-Pied-de-Port (64). Désireux de mettre en pratique les savoirs précieux acquis depuis quelques mois, celui-ci s’est tourné vers le corps professoral pour solliciter un apprentissage en scierie.

jihad

Un jeune menuisier basque a manqué rejoindre le jihad en Syrie, à l’instar de jeunes de plus en plus nombreux

Antonin nous raconte : « un matin, à la fin des cours, je suis allé voir monsieur GOICOCHEA, notre prof principal, pour avoir des indications sur les stages. Il m’a dit qu’il fallait que je sois acteur de ma formation et m’a proposé de commencer des recherches sur Internet. Je suis donc allé chez mon cousin Peyo qui a acheté un ordinateur chez BOULANGER, à Bayonne, pour Noël ».

L’orthographe approximative d’Antonin et l’absence de filtre parental ont été bien près de lui jouer un mauvais tour : « j’ai commencé à taper apprentissage, comme Peyo me l’avait dit, dans la barre de recherche et alors la mention apprentissage en Syrie s’est écrite toute seule comme par enchantement ! J’ai immédiatement été contacté par un landais, Abou Zubeida Al-Daxaoui qui m’a dit que j’allais commencer par un aguerrissement et qui m’a donné rendez-vous dans un café de Saint-Paul (40) le samedi. J’ai pas tout compris mais j’étais tellement content de moi que j’ai pris un billet de TER dans la foulée ». On l’aura compris, le manque de discernement, tout à fait normal à cet âge, et quelques difficultés dans la langue de Molière ont jeté le brave apprenti dans les bras du terrorisme international. Il poursuit : « pour remercier mon futur patron, j’ai apporté quelques spécialités : un beau jambon Ibaïona, un fromage de brebis de mon oncle Beñat et une bouteile d’Izarra vert. Déjà, le bistrot dans lequel ils m’ont reçu était un peu bizarre. Mais bon… Au moment des cadeaux, le père Al-Daxaoui et un collègue, probablement le DRH de la scierie, m’ont regardé avec une tête de 6 pieds de long et se sont mis en colère. Kotxino, c’était comme le jour où Tata Pantxika a appris qu’elle était mutée à Paris ! Ils m’ont reconduit à la gare en disant qu’ils me rappelleraient ! » De retour dans sa Navarre bien-aimée, Antonin a conté l’anecdote à sa famille qui a pris la mesure du danger auquel il avait échappé. Informé de la mésaventure de l’infortuné jeune homme, une scierie de SOUSTONS (40) a proposé de le prendre en apprentissage pour les 6 prochains mois.

Et Antonin de conclure : « quand j’étais enfant j’ai toujours entendu à la maison que Damas était un univers impitoyable … Je suis bien content d’avoir échappé à cet enfer asto pitoa ! La prochaine fois, pekaxina que je suis, je ferai ma recherche en basque pour ne pas me tromper ! »

De notre correspondant, André SALLAFRANQUE

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