Cédric Lesgourgues, le roi du parquet – Enfants des Landes de par le monde (2/5)

Les chaussures crissent une dernière fois sur le parquet avant qu’il ne rejoigne le vestiaire. Il en sortira le dernier, mocassins aux pieds et blazer de son université sur les épaules. Sur celles-ci pèsent une responsabilité qui n’effraie nullement le jeune Cédric LESGOURGUES.

Grand espoir du basket français, le natif d’HORSARRIEU sait que, la carrière de Tony PARKER terminée, il lui reviendra le redoutable honneur de répéter les exploits du meneur des Bleus, qui a porté l’équipe tricolore au titre de champion d’Europe.

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Cédric LESGOURGUES à ses débuts

L’itinéraire de notre échassier (18 ans et 2,07 mètres sous la toise) a tout du conte de fée. Longtemps baladé sur les terrains de rugby par son père, Cédric a choisi un jour de prendre son destin en main. « Le pauvre drôle, on l’avait collé deuxième latte, mais en touche, il attrapait pas une canique ! On l’avait surmené tige de 8 à cause de ses grandes cannes toutes magre » s’amuse Beñat SALLABERRY, son premier entraîneur à HAGETMAU.
« Je comprenais bien que mon père, ancien talonneur remplaçant dans le 15 tarbais des années fastes, voulait me voir reprendre le flambeau. Mais sincèrement, j’étais plus fan de MURESAN à la grande époque de l’Elan Béarnais que de ROUMAT ou BENAZZI. Alors un mercredi, j’ai discrètement soutiré à ma mère sa lime à ongles et j’ai raboté mes crampons jusqu’à en faire de confortables baskets ! ». Quittant l’itinéraire du vert pré municipal, notre jeune téméraire rejoint l’univers plus feutré du gymnase.

Il travaille alors comme un acharné, répétant ses gammes dès la sortie du collège. Ses premières sorties sont un succès.  « Pour notre premier match à Aire-sur-Adour, nous sommes partis à 2 voitures avec 4 joueurs dans chacune. Hélas, la Renault Fuego du père LACAZE nous a lâchés dans un virage. Moi j’étais dans le véhicule du coach, Dédé BRANTALOU. A l’époque il n’y avait pas de portable et le fils LACAZE qui les collectionnait avait subrepticement mis la main sur la carte téléphonique de son père. Résultat, nous nous sommes échauffés à 4 et ne voyant pas les copains arriver, on a commencé le match ». Malgré ce handicap qui en aurait découragé plus d’un, le club d’HORSARRIEU s’est imposé 86 à 24 ce jour-là contre le rival aturin ! Les statistiques de Cédric restent encore gravées dans les mémoires. Même le grand journal Sudouest (à l’époque premier titre de la presse régionale avant que sud-ou-est ne vienne lui damer le pion) lui consacra un encart : 64 points, 22 rebonds et 17 contres. A la décharge des pauvres aturins, le jeune LESGOURGUES, 1m94 à l’époque, rendait déjà 35 centimètres à la tour de contrôle des rouge et noir.

Les plus grands recruteurs américains se sont alors déplacés en masse pour séduire le jeune prodige. L’université de UCLA a su se montrer la plus convaincante. « Ils ont proposé à mon père de changer sa moissonneuse-batteuse et ils sont allés signer un premier chèque pour un compte bloqué à mon profit. Le directeur du Crédit agricole a failli en faire une syncope en voyant les zéros alignés ».

Mais l’argent n’est pas et ne sera jamais un moteur pour Cédric. C’est avant tout l’amabilité des californiens qui a fait la différence. « Au bout de 3-4 entraînements, j’étais un peu fatigué d’entendre du hip-hop dans les vestiaires. Alors, je me suis arrangé avec l’intendant du club pour qu’il nous passe un peu de Sangria gratuite (célèbre trio musical de notre région). Les gars ça les a complètement excités, notamment l’air de la Camioneta de mi papa. Même s’ils ne comprenaient pas les paroles, ils se sont mis à gueuler comme des putois. La fois d’après, on a même tapé un Paquito en pleine mi-temps d’un match ». Son coéquipier, Prince « Badguy » JOHNSON, acquiesce : « yeah man, it’s a fuckin’ strong song ! ».

L’intégration du n°40 d’UCLA ne saurait mieux se passer. S’il a parfois la nostalgie du pays, les colis de sa mère Christiane viennent toujours panser les plaies : « la semaine dernière, j’ai reçu 3 bouteilles de Pacherenc de Vic de Bilh et 3 tourtes à flamber dans lesquelles ma mère avait glissé des fèves en céramique. L’un de mes coéquipiers a cassé sa dent en diamant en mordant dans sa part ! ». Le même JOHNSON, au bon sens proverbial, confirme de nouveau « yeah man, it’s a fuckin’ strong pie ! ».

Dans quelques semaines, la draft propulsera probablement le jeune LESGOURGUES en NBA. France 3 Aquitaine serait déjà sur les rangs pour acquérir les droits de diffusion. La relève est donc bien assurée !!

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