Contrôle au faciès : trop de Landais en sont encore victimes

« Chaque fois c’est pareil ! On n’en peut plus, Cap de biou ! Tous les soirs depuis des années, on est victime de dis… dismicri… dismicrinations ! ». Au comptoir du Fin Bistrot, à Lit-et-Mixe, ils sont nombreux à approuver, autour de Ricky Lesgourgues, cantonnier en retraite, qui ce soir ne mâche pas ses mots. En cause, l’acharnement de la maréchaussée à l’encontre de la population landaise, et ces fameux “contrôles au faciès”.

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Nombreux sont les Landais à soupçonner la maréchaussée de multiplier les contrôles au faciès

« Hé oui, nous les Landais, on n’a pas des gueules d’enfants de chœur, ça on le sait depuis belle lurette. On se sent plus proche de Serge Gainsbourg à la fin de sa vie, que de Jean Marais dans La Princesse de Clèves. Et alors, hilh de pute !! C’est pas une raison pour se faire emboucaner tous les soirs à la sortie du troquet, pas vrai les gars !? » poursuit Ricky Lesgourgues, véhément, en se resservant un ballon de Tursan.

Comme pour donner raison à notre orateur d’un soir, un véhicule de la brigade territoriale de proximité vient se positionner à quelques encablures du débit de boissons.

« Té !! Regardez-les ces pignoufles !! Alors, on vous a dit des craques !? Et voilà, maintenant il suffit que l’un de nous sorte du bistrot, et pan, contrôle d’alcoolémie, puis direction le ballon !! Tout ça parce qu’on a des têtes qui leur reviennent pas, aux poulagas ! ». Jean-Claude Brouste, avocat, sirote calmement un Floc de Gascogne à une table voisine. Il acquiesce : « La situation n’est plus tenable, en effet. Moi, par exemple, je suis loin d’être un alcoolique : je bois une petite bouteille de Côteaux de Chalosse le midi, deux d’Irouléguy le soir, et jamais plus de 5-6 verres d’Armagnac. Hé bé, croyez-moi ou non, tous les soirs, les gendarmes me cueillent, comme un fleur fraîchement éclose. Ma tête ne leur revient pas. J’ai déjà déposé des centaines de mains courantes pour excès de pouvoir, et là, j’ai saisi le Défenseur des Droits ».

Le problème se produirait, à l’identique, dans la majorité des bourgades de nos chères Landes. Ricky Lesgourgues se ressert un verre de Pineau rouge, grimpe tant bien que mal sur un tabouret, et proclame : « Mes amis, au secours ! Bérets Noirs, réveillez-vous !! Combien de temps encore accepterez-vous ces lois iniques !? J’en appelle à la mobilisation. Dès demain, nous… ». Sous le coup de l’émotion, il tombe de son piédestal improvisé. Son public, ému aux larmes, le saisit doucement par les épaules, et le ramène dignement chez lui, méditer sur l’injustice de ce bas monde.

 

Par notre correspondant, Jimmy Croustade.

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