La mairie d’ARENGOSSE (40) relève le pari de la refondation de l’école

Vincent PEILLON peut pousser un ouf de soulagement. Certaines communes rivalisent d’ingéniosité pour proposer à nos chères têtes blondes des activités périscolaires à même de compléter idéalement les savoirs ancestraux dispensés par nos instituteurs et de contribuer ainsi à leur plein épanouissement intellectuel.

Le bien-être des enfants, priorité n°1 des élus d’Arengosse

C’est le cas notamment l’école primaire Félix ARNAUDIN d’ARENGOSSE (40) où nous reçoivent Jean CASADESSUS, qui brigue cette année un 6e mandat, et Fernand LABAT le directeur de l’école. Ce dernier ouvre le bal : « même s’il est allé un peu vite en besogne le père PEILLON, au fond il avait un peu raison. Avec le programme chargé de l’an dernier, té, les petits ils avaient un peu la cagne en fin de journée. Le vendredi, ils étaient complètement ensuqués … Comme tout le monde, on s’est posé la question des activités à proposer qui devaient avoir une vertu éducative et correspondre aux compétences des agents municipaux et bénévoles de la commune ».

Si les candidatures ne manquaient pas, l’équilibre en question supposait de nos deux notables un discernement de tous les instants, en vue de conjuguer caractère ludique et atouts futurs pour nos bambins, confrontés dans l’avenir à une concurrence toujours plus rude sur un marché de l’emploi qui peine à sortir de la morosité …

Le savant dosage a été trouvé si l’on en croit, les parents d’élèves, tout sourire, à la sortie de l’école. Fernand LABAT, l’œil malicieux et gourmand, nous raconte par le menu les trépidantes semaines qui se succèdent pour nos jeunes écoliers du cours élémentaire : « pour parfaire leur apprentissage des chiffres et bien les préparer à l’examen du certificat d’études (sic), l’école propose le lundi, après le cours de gymnastique, un loto d’une demi-heure avec 2 lots à gagner à la ligne et un au carton plein ! »

Micheline DARRICAUD, mamie du petit Antoine, s’enthousiasme : « Mon Toinou, ça fait deux jambons qu’il me ramène depuis la rentrée ! ». Et monsieur le maire, soucieux de ne point provoquer la polémique, de préciser que des saucissons d’âne sont prévus pour les enfants d’autres confessions.

Le directeur reprend « le mardi, nous complétons l’éducation musicale par une demi-heure de solfège et une demi-heure de travaux pratiques, généralement de la trompette, toutes deux dispensées par Dédé, le chef d’orchestre de Lous Cagagnous, notre banda municipale ». Cette fois, c’est Chantal, maman de la petite Quitterie, qui loue les bienfaits de l’initiative « on dit toujours que la musique adoucit les mœurs. Mais je peux vous dire que dimanche dernier, quand Kiki a joué les premières notes de Vino Griego avec le cor de chasse de Papy, c’était ambiance baloche autour de la cheminée ! ».

L’inventaire académique se poursuit : « le jeudi, plutôt que des modules d’anglais renforcé, nous avons choisi d’instituer une heure de linguistique gasconnante, comprendre la langue de chez nous ». Cette fois, c’est un enfant, Sébastien, qui plébiscite le dispositif « mon arrière-grand-père vit encore du côté d’ARTASSENX et il me garde tous les mercredis. Des fois, on regarde des Chiffres et des Lettres (l’arrivée de la TNT est annoncée pour juillet). Et bé souvent, il propose des mots qui ne me disent rien ! Maintenant, avec les cours de monsieur BERDALOU, j’arrive presque à le battre !! »

Le tableau ne serait pas complet sans la traditionnelle activité récréative et sportive du vendredi. Ancien professeur de lettres classiques, monsieur le maire énonce, magistral, le principe, emprunté à Juvénal, ayant présidé à ce dernier créneau : « Mens sane in corpore sano (NDLR : pour nos lecteurs qui auraient échappé à l’option latin : Un esprit sain dans un corps sain). J’ajoute à cela que la proximité avec les animaux peut en apprendre beaucoup à un enfant. C’est pourquoi l’idée d’un toro piscine hebdomadaire nous a semblé tomber sous le sens. Nous réfléchissons même à développer un module concours landais pour les CM2 ».

Les résultats parlent d’eux-mêmes. Avant de partir, le jeune Sébastien tient à me saluer une dernière fois « Adiou ! Attention à pas vous empéguer le portail en sortant ! »

De notre correspondant, André SALLAFRANQUE

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